18.05.2009
Bienvenue aux AC anonymes !
Donc, voilà, je me présente, je m'appelle speculoosicecream et je suis une Acheteuse Compulsive !
Je sais bien qu'on ne parle pas trop de cela sur un blog de mode mais bon, la gourmandise d'achat est un vice péché comme un autre ! Je ne fume pas plus, ne me drogue pas, ne boit pas trop d'alcool mais je me rends bien compte que j'achète trop, mal, sans réfléchir et le pire, c'est que je n'arrive pas à m'arrêter alors qu'il faut bien que j'avoue que j'ai tout ce qu'il me faut et plus encore (comble de l'ironie, je n'ai pas de fille à qui transmettre mon héritage modesque) !
Jusqu'à maintenant, cela ne m'a pas conduite à des problèmes bancaires grâce au fait que chéri et moi ensemble, on a des revenus confortables mais je sens bien que parfois je ne suis pas loin de la frontière entre la vraie addiction et j'ai même l'impression que je l'ai déjà franchie quelques fois ... Et puis, il faut bien que j'admette que parfois, cela crée des tensions dans mon couple.
J'ai trouvé ce témoignage sur le net mais je ne sais plus où (je m'excuse par avance auprès de l'auteur) et je me suis assez bien retrouvée dans ce qu'elle disait. J'ai l'impression que c'est un travail sur l'acceptation de soi qu'il faut réaliser pour réussir à sortir du piège du vendeur qui nous offre un image de notre moi idéalisé. En effet, ce n'est pas parce que j'aurai cette nouvelle robe, pantalon, blouse, chaussures que je serai plus à l'aise à ce cocktail, fête, réunion important. Faudrait que je m'aime plus pour moins acheter ! C'est pas gagné !
"Être une surconsommatrice, c'est être l'alouette du miroir aux alouettes, c'est croire à un mirage ... celui du bonheur éphémère par la consommation. C'est également croire qu'un beau vêtement, une belle voiture, par le statut social que représentent ces objets, vont nous rendre belle et désirable parce que, fondamentalement, on est convaincu de sa propre inexistence. Les objets possédés qui nous entourent sont les seuls témoignages de notre valeur intrinsèque.
Être surconsommatrice c'est, par exemple, toujours trouver la robe achetée plus belle sur d'autres, c'est toujours penser qu'il y a mieux ailleurs et qu'on a jamais assez. C'est être la proie des marchands de rêve, des vendeurs de gadgets à la mode qui proposent mer et monde aux crédules qui s'en remettent toujours aux autres pour régler leurs problèmes. Les objets, comme l'alcool pour l'alcoolique et la graisse pour l'obèse, font écran entre le mur des émotions et la réalité à fuir.
Ce qui m'a toujours semblé bizarre, c'est à quel point je perds mon sens critique lorsque je vis des épisodes de surconsommation. J'en suis même arrivée à douter de mon intelligence!
Depuis l'âge de 15 ans, j'ai toujours flambé l'argent comme s'il n'était pas nécessaire d'accumuler. Je me laissais souvent influencer de façon tellement naïve par des charlatans, des vendeurs de chimères, et je me demandais, a posteriori, comment j'avais pu me laisser faire ! Je me disais à cette époque: << À quoi bon ramasser de l'argent, on peut mourir demain>>. Il me fallait tout, tout de suite, d'où l'attrait du crédit.
Achetez maintenant, payez plus tard
Vingt ans plus tard, mon argent s'est volatilisé en futilités, toujours dans cette quête d'idéal. Un idéal à toucher le plus vite possible, poussée par cette angoisse de mort qui colore tout en urgence.
Il y a dans ce comportement, un désir de perfection devant un corps et une vie qui ne nous satisfont pas toujours. Ce sentiment profond d'incompétence qui nous donne l'impression de ne pas toujours être à la hauteur, nous pousse à la compensation fugace, rapide, qui ne dure que le temps d'un rêve, celui passé dans ces temples de la consommation que sont les magasins où un sauveur nous vend une image qui nous plaît.
De retour à la maison, notre vie n'a pas changé, notre corps non plus, notre univers ne nous plaît toujours pas, mais les dettes et les paiements sur les cartes de crédit s'accumulent par contre.
S'attaquer au problème de la surconsommation, c'est travailler sur l'ensemble de ses comportements, chercher à identifier ce qui nous rend si insatisfait pour chercher à compenser autant. C'est aussi apprendre à vivre davantage le moment présent en s'aimant avant tout comme personne. Comme se sont des comportements qui sont depuis longtemps intégrés, le chemin de la guérison est long. J'ai appris que je suis imparfaite, que j'ai le droit à l'erreur et qu'aucun vêtement, petit pot de crème ou parfum ne m'apportera le bonheur.
La lumière au bout du tunnel
J'ai compris que je dois toujours chercher à comprendre les mobiles qui me poussent à acheter, à consommer pour retrouver un véritable plaisir, une joie qui ne sera pas assombrie par la facture qui suivra...
Le temps que je prends pour mieux comprendre les gens et les événements, pour relaxer, m'occuper de moi comme la personne qui m'importe le plus sans essayer de me fuir constamment, sont autant de pistes qui me permettent d'avancer vers une planification budgétaire plus éclairée."
J'espère que je n'ai pas perdu le peu de lectrices que j'avais mais, parfois, j'ai envie d'un peu de réflexions dans ce tourbillon de vie moderne !
A bientôt pour le compte rendu de mes achats Matthew Williamson pour H&M ! Et, oui, on ne se refait pas en un jour ! ;)
15:30 Publié dans Blabla et papotages | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note | Tags : surconsommation, acheteuse compulsive, societe de consommation

